Deux corps enlacés, l'éclairage artificiel dévoilant la rudesse des corps. Abimée, fatiguée, la peau de ces deux muses d'un soir demeurait imparfaite. L'espace d'une seconde, les souvenirs entreprirent un garde à vous intime, et la nudité occupant la pièce quitta son piedestal de nature morte. Tout était là : les sourires conversaient avec complicité, les sueurs respectives devinrent solidaires, l'euphorie galopait. Même la petite fenêtre de cette chambre mansardée n'éprouvait plus aucun désir à renouveler l'air chaud qui se dégageait du corps reconstruit, du corps retrouvé. L'ivresse des regards ne permettait pas de déceler si le plaisir ressenti provenait de l'alcool, de la jouissance de retrouvailles rêvées, du shit, d'un nouvel élan relationnel ou de tout ce bordel réuni. Le premier jour du reste de leurs vies débutera demain : l'innocence d'un pardon versus la brutalité d'un passé en guise d'ultime combat... (11/04/09_19h)

Il s'infiltra rapidement derrière les silhouettes arborescentes. L'électricité urbaine dissimulait ses gestes, la voix des soulards sa respiration. Il s'approchait pas à pas de son objectif. Perdu dans la pénombre de la périphérie citadine, il retrouvait son chemin grâce à la lumière de son écran de portable. Palpant toute matière alentour, il l'a reconnue soudain : la froideur métallique de cette grille, dernier rempart avant de pouvoir goûter à l'efferscence aquatique. Il commença à l'enjamber, s'arrêtant net devant un halo aveuglant lui faisant face. Il se figea. Le halo ne cessait de se diriger vers lui. Se rappelant l'échec de la dernière mission de son collègue Hypolite et des conséquences de cet échec sur la vie de son ami, Hybride ne voulait pas rater ce pourquoi on l'avait engager. Tétu, volontaire et endurant (malgré une chute douloureuse), Hybride était l'homme qui correspondait le mieux à cette campagne militaire. Toutefois, malgré son orgueil physique, il dû se résigner à tout combat. Les cris d'un cerbère transpercèrent sa paralysie de l'instant. L'effroi naissait en lui. Ce soir il ne pourrait arriver à ses fins, il le savait. L'armée le banira sûrement après cet échec, mais il le savait, il ne pouvait rien y faire. Ce soir il n'ira pas à la piscine... (11/04/09_19h15)